Ramla Bint Abi-Sufyân (Um Habîba) : Une femme d'exception dans l'histoire de l'Islam
Un parcours de foi exemplaire entre deux mondes opposés : fille du plus grand ennemi de l'Islam et épouse bien-aimée du Prophète Muhammad ﷺ. Um Habîba, malgré l'opposition farouche de son père, choisit la foi et l'exil plutôt que le confort et les liens familiaux. Son histoire est un témoignage poignant de courage, de conviction et de sacrifice pour la vérité.
Introduction : Un choix décisif entre la famille et la foi
Dans les premières années de l'Islam, alors que la persécution des musulmans à La Mecque atteignait son paroxysme, une femme noble de la tribu des Quraych fit un choix qui allait à jamais marquer son destin. Ramla Bint Abi-Sufyân, plus connue sous le nom d'Um Habîba qu'Allah l'agréé, était la fille d'Abû Sufyân, le chef mecquois qui dirigeait l'opposition contre le Prophète Muhammad ﷺ. Pourtant, contre toute attente, elle embrassa l'Islam, défiant ainsi l'autorité de son père et les traditions ancestrales de sa famille.
Son parcours extraordinaire, de fille d'un des plus grands ennemis de l'Islam à épouse du Messager d'Allah ﷻ, est un témoignage saisissant de la force de la foi et de la prédestination divine. À travers les épreuves de l'exil, la perte de son premier mari, et les déchirements familiaux, Um Habîba qu'Allah l'agréé nous offre l'exemple d'une femme dont la conviction religieuse transcende tous les obstacles.
Plongeons ensemble dans cette histoire fascinante, ancrée dans les textes authentiques, pour découvrir comment cette noble dame des Quraych est devenue l'une des "Mères des Croyants", et comment son parcours singulier a participé à l'édification de la première communauté musulmane.
Ses origines et sa conversion précoce à l'Islam
Ramla Bint Abi-Sufyân qu'Allah l'agréé naquit environ quinze ans avant le début de la mission prophétique, au sein de l'une des familles les plus influentes de La Mecque. Son père, Abû Sufyân ibn Harb, était un chef respecté parmi les Quraych, connu pour sa richesse et son influence. Sa mère, Safiyya Bint Abi al-'As, appartenait également à l'aristocratie mecquoise. De par sa naissance, Ramla jouissait donc d'un statut social élevé et d'une vie confortable.
Lorsque le message de l'Islam commença à se répandre à La Mecque, Ramla et son mari Ubaydullah ibn Jahch qu'Allah l'agréé furent parmi les premiers à répondre à l'appel du Prophète Muhammad ﷺ. Leur conversion précoce témoigne d'une perspicacité spirituelle remarquable, car à cette époque, embrasser l'Islam signifiait s'exposer aux moqueries, au rejet social et parfois même aux persécutions.
Le Coran fait allusion à ces premiers convertis dans plusieurs versets, soulignant leur mérite particulier:
{Quant aux premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l'agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l'énorme succès !}Sourate At-Tawba - Verset 100
La conversion d'Um Habîba qu'Allah l'agréé représentait un acte de courage considérable, car elle plaçait sa foi nouvelle au-dessus des liens familiaux et tribaux, qui constituaient le fondement même de la société arabe préislamique. Cette décision créa une rupture profonde avec son père, Abû Sufyân, qui était alors l'un des plus farouches opposants au Prophète Muhammad ﷺ.
Ibn Ishaq, dans sa biographie du Prophète ﷺ, rapporte que lorsque les persécutions s'intensifièrent à La Mecque, Um Habîba qu'Allah l'agréé et son mari prirent la courageuse décision de participer à la seconde émigration vers l'Abyssinie (l'actuelle Éthiopie), cherchant refuge auprès du Négus, le roi chrétien connu pour sa justice.
L'exil en Abyssinie et les épreuves
En l'an 5 après le début de la révélation (615 après J.-C.), face aux persécutions croissantes des Quraych, le Prophète Muhammad ﷺ conseilla à un groupe de musulmans de chercher refuge en Abyssinie. Um Habîba qu'Allah l'agréé et son mari Ubaydullah ibn Jahch qu'Allah l'agréé firent partie de ce groupe d'exilés qui quittèrent leur terre natale pour préserver leur foi.
Le Prophète ﷺ avait choisi l'Abyssinie comme terre d'asile car, comme il l'expliqua :
"En Abyssinie règne un roi sous lequel personne n'est opprimé. C'est une terre de vérité. Allez-y jusqu'à ce qu'Allah vous offre une issue à votre situation."Rapporté par Ahmad, n° 1740
L'exil représentait un déracinement douloureux pour ces nobles mecquois habitués au confort. Pour Um Habîba qu'Allah l'agréé, cette séparation était d'autant plus difficile qu'elle laissait derrière elle sa famille, et notamment son père avec qui les relations s'étaient considérablement détériorées depuis sa conversion à l'Islam.
C'est en Abyssinie qu'Um Habîba qu'Allah l'agréé donna naissance à sa fille Habîba, dont elle tira son surnom (Um Habîba signifie "mère de Habîba"). Mais le destin lui réservait une épreuve encore plus difficile. Son mari, Ubaydullah ibn Jahch qu'Allah l'agréé, après avoir trouvé refuge en terre chrétienne, fut séduit par le christianisme et apostasia l'Islam. Les récits authentiques rapportent qu'il tenta même de convaincre sa femme de suivre son exemple.
'Urwa ibn Az-Zubayr qu'Allah l'agréé rapporte qu'Um Habîba qu'Allah l'agréé répondit fermement à son mari : "Par Allah, je ne te suivrai pas. Je ne quitterai jamais ma religion."Rapporté par Ibn Sa'd dans At-Tabaqat Al-Kubra
Cette épreuve douloureuse mit en lumière la force de caractère et la conviction inébranlable d'Um Habîba qu'Allah l'agréé. Seule en terre étrangère, avec une jeune enfant à charge, elle préféra la solitude et les difficultés à l'abandon de sa foi. Son mari mourut peu après dans sa nouvelle religion, la laissant veuve, exilée et isolée.
Allah ﷻ évoque dans le Coran le mérite de ceux qui ont émigré pour préserver leur religion :
{Ceux qui ont émigré et ont été expulsés de leurs demeures, qui ont été persécutés dans Mon chemin, qui ont combattu et ont été tués, Je tiendrai certes pour expiées leurs mauvaises actions, et les ferai entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, comme récompense de la part d'Allah. Et c'est auprès d'Allah qu'est la plus belle récompense.}Sourate Al-Imran - Versets 195
Le mariage avec le Prophète Muhammad ﷺ : une union prédestinée
Après environ quatre années d'exil et de veuvage, alors qu'Um Habîba qu'Allah l'agréé vivait dans la solitude et l'incertitude en terre d'Abyssinie, un événement extraordinaire vint bouleverser sa vie. Le Prophète Muhammad ﷺ, inspiré par Allah ﷻ, envoya un émissaire au Négus pour demander sa main en mariage.
Selon les récits authentiques, Um Habîba qu'Allah l'agréé raconte elle-même cet épisode marquant :
"Alors que j'étais en Abyssinie, on frappa à ma porte. C'était Abraha, la servante du Négus, qui m'annonça : 'Le Messager du roi te dit que le Messager d'Allah lui a écrit pour te demander en mariage.' Je m'écriai : 'Qu'Allah t'annonce de bonnes nouvelles !' Elle me demanda de désigner quelqu'un pour me représenter dans ce mariage. J'envoyai chercher Khalid ibn Sa'id ibn al-'As qu'Allah l'agréé et je le désignai comme mon tuteur."Rapporté par Abu Dawud, n° 2107
Le Négus, en présence des musulmans exilés, présida lui-même la cérémonie de mariage, versant comme dot à Um Habîba qu'Allah l'agréé quatre cents dinars d'or offerts par le Prophète Muhammad ﷺ. Cette dot était considérablement élevée pour l'époque, témoignant de l'estime particulière que le Prophète ﷺ portait à cette noble dame qui avait tant sacrifié pour sa foi.
Ce mariage, conclu à distance en l'an 7 de l'Hégire (628 après J.-C.), avait une dimension à la fois humaine et politique. Sur le plan humain, il offrait protection et soutien à une femme qui avait tout abandonné pour sa religion. Sur le plan politique, il créait un lien d'alliance avec l'une des familles les plus influentes de La Mecque, celle d'Abû Sufyân, ouvrant potentiellement la voie à une réconciliation future.
Le Coran fait allusion au statut particulier des épouses du Prophète ﷺ, dont Um Habîba qu'Allah l'agréé faisait désormais partie :
{Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu'ils n'en ont sur eux-mêmes ; et ses épouses sont leurs mères.}Sourate Al-Ahzab - Verset 6
En devenant l'une des "Mères des Croyants", Um Habîba qu'Allah l'agréé accédait à un honneur immense et à une responsabilité spirituelle considérable envers la communauté musulmane.
Le retour à Médine et les retrouvailles avec le Prophète ﷺ
En l'an 7 de l'Hégire (628-629 après J.-C.), après l'expédition de Khaybar, le Prophète Muhammad ﷺ envoya Amr ibn Umayya Ad-Damri qu'Allah l'agréé auprès du Négus pour organiser le retour des musulmans exilés en Abyssinie. Parmi eux se trouvait Um Habîba qu'Allah l'agréé, désormais épouse du Prophète ﷺ.
Plusieurs récits authentiques décrivent l'émotion de ces retrouvailles. Um Habîba qu'Allah l'agréé, qui n'avait pas vu le Prophète ﷺ depuis plus de dix ans et qui était maintenant liée à lui par le mariage, arriva à Médine avec sa fille Habîba. Elle fut accueillie dans la communauté des croyants et rejoignit les autres épouses du Prophète ﷺ dans leurs modestes appartements adjacents à la mosquée.
À Médine, Um Habîba qu'Allah l'agréé s'intégra parfaitement dans le foyer prophétique. Les récits indiquent qu'elle entretenait de bonnes relations avec les autres épouses, notamment avec Aïcha qu'Allah l'agréé, démontrant sa noblesse de caractère et sa capacité à vivre harmonieusement dans ce foyer pluriel.
Le retour d'Um Habîba qu'Allah l'agréé à Médine représentait l'aboutissement d'un long périple spirituel et géographique. De la Mecque païenne à l'Abyssinie chrétienne, puis à Médine musulmane, son parcours illustrait le cheminement même de l'Islam, qui après les difficultés des débuts trouvait désormais un lieu d'épanouissement.
La réconciliation avec son père Abû Sufyân
L'un des épisodes les plus marquants de la vie d'Um Habîba qu'Allah l'agréé fut sa confrontation avec son père Abû Sufyân, lors de la visite de ce dernier à Médine peu avant la conquête de La Mecque.
Abû Sufyân, toujours chef des polythéistes mecquois, était venu négocier la prolongation du traité de Hudaybiya après que les Quraych l'eurent violé. Se trouvant à Médine, il alla naturellement rendre visite à sa fille Um Habîba qu'Allah l'agréé. Les sources authentiques rapportent cet épisode révélateur :
"Lorsqu'Abû Sufyân entra chez sa fille Um Habîba, il voulut s'asseoir sur le tapis du Prophète ﷺ, mais elle le plia rapidement. Son père lui demanda : 'Ma fille, ce tapis est-il trop bon pour moi, ou suis-je trop bon pour ce tapis ?' Elle répondit : 'C'est le tapis du Messager d'Allah ﷺ, et tu es un polythéiste impur.' Abû Sufyân rétorqua : 'Par Allah, ma fille, tu as bien changé depuis que tu nous as quittés.'"Rapporté par Ibn Hicham dans sa Sira
Cette anecdote illustre parfaitement comment Um Habîba qu'Allah l'agréé plaçait sa foi et son respect pour le Prophète ﷺ au-dessus même des liens filiaux, pourtant sacrés dans la société arabe. Sa fermeté ne l'empêchait pas d'aimer son père, mais elle ne transigeait pas sur les principes de sa religion.
Plus tard, après la conquête de La Mecque en l'an 8 de l'Hégire, Abû Sufyân finit par embrasser l'Islam. Cette conversion dut être une source immense de joie pour Um Habîba qu'Allah l'agréé, qui voyait enfin son père rejoindre la religion qu'elle avait choisie au prix de tant de sacrifices.
Le Coran fait allusion à ces situations où la foi peut créer des divisions familiales temporaires :
{Tu n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour alliés ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu.}Sourate Al-Mujadila - Verset 22
Mais il évoque aussi la miséricorde divine qui peut transformer les cœurs :
{Il se peut qu'Allah établisse de l'amitié entre vous et ceux d'entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Allah est Omnipotent et Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux.}Sourate Al-Mumtahana - Verset 7
La réconciliation d'Um Habîba qu'Allah l'agréé avec son père dans l'Islam illustre parfaitement cette vérité coranique.
Sa piété et sa place parmi les Mères des Croyants
Um Habîba qu'Allah l'agréé se distinguait par sa piété exceptionnelle et son attachement aux pratiques religieuses. Les recueils de hadiths authentiques nous ont transmis plusieurs traditions qui témoignent de sa dévotion et de sa rigueur dans l'adoration d'Allah ﷻ.
Elle était particulièrement assidue dans l'accomplissement des prières surérogatoires, comme en témoigne ce hadith qu'elle a elle-même rapporté :
"J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : 'Quiconque prie douze rak'at (unités de prière) volontaires en une journée et une nuit, Allah lui construira une maison au Paradis.' Depuis que j'ai entendu cela du Prophète ﷺ, je n'ai jamais délaissé ces prières."Rapporté par Muslim, n° 728
Cette constance dans l'adoration illustre sa compréhension profonde de l'importance des œuvres volontaires pour se rapprocher d'Allah ﷻ.
Um Habîba qu'Allah l'agréé était également connue pour sa générosité et son détachement des biens de ce monde. Malgré son origine aristocratique, elle menait une vie simple et austère, suivant en cela l'exemple du Prophète ﷺ et des autres Mères des Croyants.
En tant qu'épouse du Prophète ﷺ, elle occupe une place particulière dans le cœur des musulmans. Le Coran précise le statut unique des épouses du Messager ﷺ :
{Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade [l'hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent. Restez dans vos foyers ; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes d'avant l'Islam. Accomplissez la Salât, acquittez la Zakât et obéissez à Allah et à Son messager. Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, ô gens de la maison [du prophète], et vous purifier pleinement.}Sourate Al-Ahzab - Versets 32-33
Um Habîba qu'Allah l'agréé a pleinement incarné ces qualités attendues des épouses du Prophète ﷺ, servant de modèle pour les femmes musulmanes de toutes les générations.
Son rôle dans la transmission du savoir islamique
Après le décès du Prophète Muhammad ﷺ, Um Habîba qu'Allah l'agréé, comme les autres Mères des Croyants, joua un rôle crucial dans la préservation et la transmission de son héritage spirituel. Sa position privilégiée d'épouse du Prophète ﷺ lui donnait un accès direct à sa vie intime et à ses enseignements personnels, faisant d'elle une source précieuse de connaissance pour la communauté musulmane.
Les recueils de hadiths authentiques attribuent à Um Habîba qu'Allah l'agréé la transmission de 65 traditions prophétiques. Parmi celles-ci, certaines concernent des aspects importants de la pratique religieuse, comme cette parole qu'elle rapporte du Prophète ﷺ :
"Quiconque persiste à prier quatre rak'at avant la prière de Dhuhr et quatre après, Allah lui interdira le Feu."Rapporté par At-Tirmidhi, n° 428
Cette transmission du savoir s'inscrivait dans la mission des épouses du Prophète ﷺ d'enseigner aux croyants, particulièrement aux femmes, les détails de la pratique religieuse. Um Habîba qu'Allah l'agréé, avec sa piété exemplaire et sa longue expérience auprès du Messager d'Allah ﷺ, était particulièrement qualifiée pour cette tâche.
Parmi ceux qui ont rapporté des hadiths d'après elle, on trouve son frère Mu'awiya ibn Abi Sufyân qu'Allah l'agréé, sa fille Habîba, son neveu Abdullah ibn 'Utba ibn Abi Sufyân, ainsi que d'autres compagnons et successeurs. Cette chaîne de transmission témoigne de l'importance accordée à son savoir et à son témoignage.
Le Coran souligne l'importance de retenir et transmettre les enseignements reçus :
{Et rappelez-vous ce qui, dans vos foyers, est récité des versets d'Allah et de la sagesse. Allah est Doux et Parfaitement Connaisseur.}Sourate Al-Ahzab - Verset 34
En transmettant fidèlement les paroles et les actes du Prophète ﷺ, Um Habîba qu'Allah l'agréé contribua de manière significative à la préservation de la Sunna, s'acquittant ainsi de la responsabilité qui incombait aux "gens de la maison" mentionnés dans ce verset.
Ses dernières années et son héritage
Um Habîba qu'Allah l'agréé vécut jusqu'à un âge avancé, assistant aux premières décennies de l'expansion de l'Islam après le décès du Prophète ﷺ. Elle fut témoin du califat d'Abu Bakr, d'Umar, d'Uthman et d'Ali qu'Allah les agréé, ainsi que du début de la période omeyyade, initiée par son frère Mu'awiya qu'Allah l'agréé.
Les sources historiques indiquent qu'elle passa ses dernières années à Médine, fidèle à sa vie de dévotion et d'enseignement. Elle mourut en l'an 44 de l'Hégire (664 après J.-C.), sous le califat de son frère Mu'awiya qu'Allah l'agréé, à l'âge d'environ 73 ans. Elle fut enterrée au cimetière d'Al-Baqi' à Médine, où reposent également plusieurs autres épouses et compagnons du Prophète ﷺ.
Sa longévité lui permit de transmettre son savoir à plusieurs générations de musulmans, contribuant ainsi à la formation des premières écoles juridiques et théologiques de l'Islam. Son exemple de fermeté dans la foi, malgré les pressions familiales et sociales, reste une source d'inspiration pour les musulmans confrontés à des choix difficiles entre leurs convictions religieuses et leurs attachements mondains.
L'histoire d'Um Habîba qu'Allah l'agréé nous enseigne que la vraie noblesse ne réside pas dans la lignée ou le statut social, mais dans la piété et la droiture morale, comme le souligne ce verset coranique :
{Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur.}Sourate Al-Hujurat - Verset 13
Sa vie illustre également la promesse divine faite à ceux qui abandonnent quelque chose pour Allah ﷻ :
"Quiconque délaisse quelque chose pour Allah, Allah le lui remplace par ce qui est meilleur."Rapporté par Ahmad, n° 20739
Um Habîba qu'Allah l'agréé, qui avait quitté son père, sa famille et sa patrie pour préserver sa foi, fut honorée par Allah ﷻ en devenant l'épouse du meilleur des hommes ﷺ et l'une des Mères des Croyants, un honneur qui perdure à travers les siècles.
💾 Ce qu’il faut retenir
Un choix courageux pour la foi : Um Habîba qu'Allah l'agréé a choisi l'Islam malgré l'opposition farouche de son père Abû Sufyân, chef des opposants au Prophète ﷺ, démontrant que la foi authentique peut transcender même les liens familiaux les plus forts.
L'épreuve de l'exil : Son émigration en Abyssinie pour préserver sa religion illustre le principe islamique selon lequel la protection de la foi peut nécessiter des sacrifices considérables, y compris quitter sa terre natale.
La fermeté face à l'apostasie : Confrontée à l'apostasie de son premier mari en Abyssinie, elle est restée inébranlable dans sa foi, préférant le veuvage et la solitude à l'abandon de ses convictions religieuses.
Une union prédestinée : Son mariage avec le Prophète Muhammad ﷺ, alors qu'elle était exilée en Abyssinie, témoigne de la manière dont Allah ﷻ honore ceux qui se sacrifient pour Lui, transformant l'épreuve en bénédiction.
La priorité de la foi sur les liens du sang : L'épisode où elle refuse à son père de s'asseoir sur le tapis du Prophète ﷺ illustre comment la loyauté envers Allah ﷻ et Son Messager ﷺ doit primer sur toute autre considération.
Un modèle de piété : Sa constance dans l'accomplissement des prières surérogatoires et sa rigueur dans la pratique religieuse en font un exemple pour tous les croyants, hommes et femmes.
La transmission du savoir : Son rôle dans la préservation de 65 hadiths prophétiques souligne l'importance des femmes dans la transmission du savoir islamique et la construction de la tradition religieuse.
La réconciliation dans la foi : La conversion tardive de son père à l'Islam montre comment la religion peut finalement réunir ce qu'elle avait temporairement séparé, illustrant la sagesse divine dans l'épreuve.
De la persécution à l'honneur : Son parcours, de fille persécutée pour sa foi à "Mère des Croyants" respectée, incarne la promesse divine que la patience dans l'adversité mène à l'élévation spirituelle et morale.
Un exemple pour les minorités musulmanes : Son expérience de musulmane vivant en terre non-musulmane (Abyssinie) offre un modèle historique de préservation de l'identité religieuse en contexte minoritaire, un enseignement pertinent pour de nombreux musulmans aujourd'hui.